La thébaïde ébahie

info@execho.info28 septembre 2020 - ::

Pékin s'oppose à tout contact officiel avec le Dalaï-Lama

Pékin s'oppose à tout contact officiel avec le Dalaï-Lama

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La présidente démocrate du Congrès américain, Nancy Pelosi, est la dernière personnalité occidentale, à avoir rencontré le Dalaï-Lama, vendredi, à Dharamsala, en Inde. Bernard Kouchner estime que Nicolas Sarkozy devrait rencontrer le leader spirituel des Tibétains. Le chef de l'Etat, lui, prendra la décision le moment venu.

Mercredi, la Chine a opposé une fin de non-recevoir, aux déclarations de Rama Yade au Figaro se disant prête à recevoir le Dalaï-Lama. Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du Dalaï-Lama avec n'importe quel pays, a indiqué le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang. Cette réponse chinoise vaut également pour le prince Charles qui a confirmé une rencontre avec le leader spirituel, en mai prochain à Londres. Mais aussi pour le premier ministre, Gordon Brown qui s'est également dit prêt à le rencontrer à cette occasion, jeudi dernier.

Le Dalaï-Lama sera en France du 15 au 20 août, pendant les jeux Olympiques à Pékin, pour donner une conférence à Nantes, prévue de longue date. Dans uneinterview publiée mercredi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner estime d'ailleurs que Nicolas Sarkozy devrait le rencontrer à cette occasion. Ce à quoi le porte-parole du gouvernement, Luc Châtel, a répondu, à l'issue du Conseil des ministres : Il prendra sa décision le moment venu, et en fonction de l'évolution de la situation. La veille, Nicolas Sarkozy avait déjà haussé le ton face au régime communiste, en menaçant de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.

53 personnes activement recherchées

Dans sa déclaration, le porte-parole de la diplomatie chinoise accuse de nouveau le Dalaï-Lama, en exil en Inde, d'avoir organisé les émeutes de Lhassa et les troubles dans les régions avoisinantes, à fortes minorités tibétaines. Il a appelé les pays étrangers à adopter une attitude objective et impartiale pour comprendre et soutenir les mesures justes et nécessaires prises par la Chine pour préserver la stabilité sociale et protéger la sécurité des biens et des personnes. En fait, déjà plus d'une centaine de gouvernements étrangers ont indiqué qu'il s'agissait d'une position correcte, a ajouté Qin Gang.

Depuis plusieurs heures, Pékin multiplie par ailleurs les annonces faisant état de sa souveraineté retrouvée au Tibet. L'agence de presse gouvernementale Chine Nouvelle a annoncé que plus de 600 personnes s'étaient rendues aux autorités chinoises après avoir participé à des manifestations tibétaines. Les protestataires interpellés sont accusés d'avoir troublé l'ordre public, incendié des bâtiments officiels dans la région de Lhassa et d'avoir attaqué des ethnies chinoises dans la province voisine du Sichuan.

La police a par ailleurs publié une liste de 53 personnes activement recherchées pour avoir eu un lien plus ou moins direct avec les émeutes. Au moins 29 personnes ont été officiellement interpellées.

Les autorités chinoises continuent d'affirmer que 22 civils ont été tués depuis les soulèvements de Lhassa alors que le gouvernement tibétain en exil évoque de son côté un bilan humain approchant les 140 victimes.