La thébaïde ébahie

info@execho.info28 septembre 2020 - ::

Les Européens divisés sur les JO de Pékin

Les Européens divisés sur les JO de Pékin

Retour

Les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept sont réunis depuis hier à Brdo, en Slovénie. La plupart d'entre eux veulent ménager la Chine. Il incombera à la France, qui présidera l'Union au moment des Jeux, de parler d'une seule voix. Les Vingt-Sept en discutent aujourd'hui en Slovénie.

Faut-il assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin pour protester contre la répression chinoise au Tibet ? La question figure au cœur de la réunion des chefs de la diplomatie européenne, aujourd'hui à Brdo, en Slovénie. À Londres, jeudi, Nicolas Sarkozy a joué la montre, témoignant du casse-tête auquel lui et ses partenaires sont confrontés. J'espère bien qu'on va mettre à profit ces mois qui nous restent pour que la situation s'apaise et, partant, en fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture, a-t-il dit. Le chef de l'État, qui prendra la présidence de l'UE le 1er juillet prochain, a également déclaré qu'il se devait de consulter à ce propos les Vingt-Sept.

Ceux-ci apparaissent largement divisés. Certes, la plupart des Ètats membres se réfugient, comme la France, derrière une attitude attentiste, réservant leur décision définitive afin d'inciter Pékin à entamer un dialogue avec le Dalaï-Lama. Nous avons cinq mois pour voir venir, a expliqué la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

La Pologne, quant à elle, a pris position en faveur du boycott. Je n'ai pas l'intention de participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux, a déclaré jeudi le premier ministre Donald Tusk, jugeant la présence d'hommes politiques inopportune. À l'inverse, le Royaume-Uni, qui organisera les Jeux olympiques de 2012 et qui n'a aucun intérêt à s'associer à un boycottage risquant de se retourner contre lui, a décidé d'y participer au plus haut niveau. Sans aucun état d'âme apparent. Nous sommes pleinement engagés à soutenir les JO, a expliqué le secrétaire au Foreign Office, David Miliband. Nous voulons que ce soit un succès et je pense qu'il est juste que le premier ministre nous représente, a-t-il dit.

Recoller les morceaux

Une troisième catégorie de pays adopte une position médiane. Ainsi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que ni Angela Merkel, ni lui-même, ni le ministre allemand des Sports n'avaient envisagé de se rendre à la cérémonie : Dès lors, il n'y a donc rien à annuler. C'est à Nicolas Sarkozy qu'il appartiendra de recoller les morceaux d'une UE partagée. Confronté à une crise qui prend de l'ampleur, le président de la République s'efforce de jouer tactique. Un œil sur l'état de l'opinion, il doit également tenir compte de la pression internationale croissante sur Pékin.

Sachant aussi que, comme nombre de pays, il ne veut pas, ne peut pas, prendre à rebrousse-poil la Chine, partenaire économique et diplomatique de premier plan. Il ne faut pas pousser la Chine à adopter un réflexe nationaliste, argumente-t-il, s'estimant bien placé pour faciliter un dialogue entre le chef spirituel des Tibétains et Pékin. Les diplomates, à l'Èlysée notamment, s'activent dans ce sens, s'efforçant, selon l'un d'eux, de tenir une ligne à la fois ferme sur les principes mais qui n'agite pas le chiffon rouge devant les responsables chinois sur la question pour eux ultrasensible du Tibet. La voie est bien étroite. Et au chronomètre, chaque seconde nous rapproche du 8 août…