La thébaïde ébahie

info@execho.info12 juillet 2020 - ::

Les manifestations de soutien au Tibet se multiplient

Les manifestations de soutien au Tibet se multiplient

Retour

Des moines bouddhistes défilent dans les rues de Katmandou en soutien aux émeutes du 14 mars au Tibet. La police népalaise a par ailleurs annoncé avoir interpellé des Tibétains qui manifestaient devant l'ambassade de Chine à Katmandou, comme tous les jours depuis le début de la crise au Tibet.

Tandis que la police népalaise a annoncé lundi 31 mars avoir interpellé 227 Tibétains qui manifestaient devant l'ambassade de Chine à Katmandou, en Autriche, des militants pro-tibétains ont remis à Vienne une pétition réunissant quelque 6.000 signatures au chancelier autrichien Alfred Gusenbauer. La pétition appelle notamment à ce que les journalistes étrangers puissent se rendre au Tibet.

Elle demande également que le relais de la flamme olympique ne passe pas par le Tibet, comme cela est prévu par les autorités chinoises.

Recevant la pétition, le chancelier autrichien s'est dit très préoccupé par la situation des droits de l'homme au Tibet et a promis de continuer à faire pression sur les autorités chinoises d'ici les Jeux de Pékin au mois d'août.

Nous voulons tous que les jeux Olympiques soient des Jeux de paix et pas des Jeux pour légitimer la violence, a-t-il ajouté.

Les militants pro-tibétains devaient manifester dans l'après-midi devant l'ambassade de Chine à Vienne avant de se rendre dans le centre ville, puis d'observer une veille devant le parlement autrichien.

Drapeaux chinois brûlés

Parallèlement en Inde, des centaines d'exilés tibétains en Inde ont brûlé lundi des drapeaux chinois à New Delhi en signe de colère contre la répression de Pékin au Tibet et voulaient se rendre à l'ambassade de Chine dans la capitale indienne.

Les manifestants se sont aussi improvisés acteurs de théâtre de rue, en simulant des coups portés contre leurs camarades enveloppés dans des drapeaux aux couleurs du Tibet. D'autres ont cassé de la vaisselle fabriquée en Chine, criant liberté pour le Tibet ! et vilipendaient le président chinois Hun Jintao.

Nous poursuivons nos manifestations pour dénoncer le sort de nos soeurs et de nos frères au Tibet, a déclaré l'un d'eux, Dhondup Dorjee.

D'après Youdon Aukatsang, une député du Parlement tibétain en exil qui siège à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, les 100.000 réfugiés tibétains en Inde célèbrent ce lundi la Journée internationale d'action pour le Tibet.

Nous prévoyons de nous rendre à l'ambassade de Chine à New Delhi pour y empiler des centaines d'urnes bourrées de 1,3 million de signatures d'une pétition mondiale lancée sur internet, a-t-elle déclaré.

La police indienne est sur le qui-vive autour de la chancellerie chinoise à New Delhi depuis que des Tibétains ont réussi le 21 mars à pénétrer dans les locaux, ce qui a valu à l'ambassadeur d'Inde en Chine d'être convoqué par Pékin.

Le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a fui son pays natal en 1959 à la suite de l'échec d'un soulèvement contre la Chine et s'est réfugié dans le nord de l'Inde, à Dharamsala.

Environ 100.000 Tibétains sont exilés en Inde, même si New Delhi reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Les autorités indiennes ont demandé à plusieurs reprises aux réfugiés tibétains de ne mener aucune campagne anti-chinoise sur leur territoire.

Arrestation de manifestants

Dans la même journée, la police népalaise avait annoncé avoir interpellé 227 Tibétains, dont la moitié de femmes, qui manifestaient devant l'ambassade de Chine à Katmandou, comme tous les jours depuis le début de la crise au Tibet.

Au moins 200 officiers de la police se sont déployés autour du bâtiment diplomatique chinois et tenaient des manifestants à l'écart. Certains ont tout de même réussi à s'asseoir face aux murs d'enceinte de la chancellerie avant d'être embarqués dans des fourgons de la police.

Dimanche, la police de Katmandou avait chargé à coups de bâtons des manifestants pro-tibétains à proximité d'un bureau de l'ambassade de Chine et avait appréhendé plus de cent personnes.

Le Népal qui reconnaît la souveraineté de Pékin sur le Tibet, abrite une communauté d'environ 20.000 Tibétains. Et le royaume hindouiste coincé entre la Chine et l'Inde veut empêcher toute activité jugée anti-chinoise, alors que la capitale népalaise est le théâtre de manifestations quotidiennes de réfugiés tibétains depuis qu'ont éclaté le 10 mars les troubles au Tibet.

Les violences au Tibet, qui ont débuté le 10 mars à Lhassa, ont fait officiellement 19 morts. Selon le gouvernement tibétain en exil, la répression chinoise a fait environ 140 morts.

Violences de Lhassa

Le gouvernement tibétain en exil en Inde a d'ailleurs nié lundi toute implication du dalaï lama dans les émeutes de Lhassa après que la Chine eut publié des aveux anonymes attribués à un protestataire tibétain accusant le dignitaire bouddhiste.

Le gouvernement en exil réfute avec fermeté ces accusations qui sont concoctées et préméditées sans qu'il y ait là-dedans le moindre soupçon de vérité, a-t-il affirmé dans un communiqué publié sur son site internet http://www.tibet.net.

Dans une longue dépêche, diffusée en anglais dimanche soir, l'agence officielle Chine Nouvelle a cité un suspect non identifié lié aux violences de Lhassa.

Les violences du 14 mars ont été provoquées à l'instigation du département de sécurité du gouvernement tibétain en exil, dit cette personne, qui affirme avoir distribué des tracts pour appeler à la révolte du peuple tibétain.

Dès le début de la crise à Lhassa le 10 mars, la Chine a commencé à accuser le dalaï lama et le gouvernement tibétain sans aucune preuve concluante et cet article n'y déroge pas, poursuit le communiqué.

Les médias chinois ont publié la version chinoise de la dépêche mais sans aucune référence à ce suspect non identifié.

Pékin a maintes fois accusé le dalaï lama et sa clique d'avoir fomenté ces troubles afin de saboter les Jeux Olympiques, mais sans apporter de preuves formelles de cette implication.

Le chef spirituel des Tibétains en exil a fui son pays natal en 1959 à la suite de l'échec d'un soulèvement contre la Chine et s'est réfugié dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, siège d'un gouvernement et d'un Parlement en exil.